Au Kosovo, Serbes et Albanais protestent ensemble pour défendre leurs rivières

« Eau dans les tuyaux, millions dans la poche », flyer dessinés par les associations locales @ LS

RFI – Accents d’Europe – 29.06.2020 – 5 min – Audio

Près de 3 000 centrales hydro-électriques sont en projet ou en cours de construction dans les Balkans. Cette « ruée vers l’or bleu » touche surtout les petites rivières et n’épargne pas les zones protégées. Des centaines de ces barrages sont ainsi construits dans des parcs nationaux, comme c’est le cas dans le sud du Kosovo sur la Lepenac et ses affluents. Dans un pays encore profondément divisé par le conflit d’il y a 20 ans, Serbes et Albanais protestent ensemble pour faire respecter leurs droits de citoyens et défendre leurs conditions de vie.

Écouter :

Le reportage original sur le site de RFI (à 5’29).

En Albanie, les derniers lynx des Balkans à la merci du braconnage

Un lynx des Balkans, prisonnier d'un restaurant du nord de l'Albanie @ LS
Un lynx des Balkans, prisonnier d’un restaurant du nord de l’Albanie @ LS

Libération – 22.06.2020 – Article

Sous-espèce du lynx boréal, ce félin est l’un des plus menacés au monde. Alors qu’un individu vient d’être abattu par des chasseurs albanais, les ONG veulent en finir avec l’impunité.

Ils sont figés au-dessus du bar, réduits à une condition d’absurdes peluches. Ces deux lynx des Balkans, empaillés après avoir été abattus dans les forêts avoisinantes, font la fierté du lieu. Sur le mur adjacent, au côté d’une buse aux yeux mi-clos, pas de tableaux ni d’affiches, mais deux ours bruns, étendus comme des tapisseries, la gueule ouverte. Dans ce restaurant d’une grande ville du centre de l’Albanie, prisé des amateurs de treillis et de viande de gibier, on espère un nouveau trophée de choix, un troisième «tigre des Balkans», fraîchement tiré et empaillé. Une commande quelque peu risquée depuis juillet 2019 et la modification du Code pénal albanais, qui prévoit désormais jusqu’à sept ans de prison pour ce type d’acquisition.

Une pratique incontrôlable

Car ce grand félin au pelage tacheté et aux yeux en amande est une espèce strictement protégée. Une protection que les humains peinent cependant à lui assurer. Depuis fin 2015, cette sous-espèce du lynx boréal a été classée en danger critique d’extinction à l’état sauvage par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), «l’avant-dernière catégorie avant l’extinction», déplore Urs Breitenmoser, spécialiste des félins à l’UICN. «Cela signifie qu’il y a moins de 50 individus adultes au sein de la population sauvage mondiale. Comme il n’y a pas de reproduction en captivité du lynx des Balkans dans les zoos (et il n’y en aura jamais), la situation est vraiment très critique.» Distinct de son voisin des Carpates, le lynx des Balkans est génétiquement lié aux populations orientales du Caucase et de l’Anatolie. Très discret, on le pensait définitivement disparu, jusqu’à sa redécouverte au début des années 2000. Aujourd’hui, il ne se reproduirait plus que dans les montagnes de Macédoine du Nord et d’Albanie.

Vidéo du lynx des balkans de l’ONG Protection et préservation du milieu naturel en Albanie

Avec la destruction de son habitat et la disparition de ses proies, le braconnage est l’une des principales menaces qui pèsent sur la survie du lynx. Le félin aux mœurs nocturnes fait les frais de l’absence de stratégie adéquate pour préserver la flore et la faune albanaise. Strictement encadrée et réservée aux apparatchiks du régime à l’époque de la dictature communiste (1944-1991), la chasse est devenue incontrôlable dans le chaos politique des années 90, favorisée par la circulation massive d’armes dans les foyers albanais après les insurrections de 1997.

Un reportage de National Geographic décrivait en 2013 les zones humides albanaises comme des zones de guerre pour les oiseaux migrateurs d’Europe. Tirer des canards et des passereaux dans les lagunes de l’Adriatique ou des ours dans les montagnes de l’Est du pays reste un moyen d’améliorer un quotidien souvent difficile, mais aussi de flatter l’ego de certains hommes, avides de dépouilles à exhiber. Les forêts, elles-mêmes victimes d’un déboisement massif et continu malgré une interdiction de dix ans de toute coupe de bois, témoignent de l’hécatombe. Bien peu de lièvres ou de sangliers prennent la pose sur les pièges photographiques posés par les biologistes. Les animaux des sous-bois ont subi des pertes dramatiques.

Un sentiment d’impunité

Face à la tragédie en cours, les autorités albanaises ont pris des mesures inédites et draconiennes : en 2014, une interdiction totale de chasse a été votée pour deux ans, prolongée de cinq années supplémentaires. Six ans après, quels résultats ? «L’impact positif du moratoire sur la faune est évident et significatif, assure Klodiana Marika, du ministère du Tourisme et de l’Environnement. Les données montrent qu’en 2017, 2018 et 2019, le nombre total d’oiseaux d’eau recensés était d’environ 50% plus élevé qu’en 2016 : 98 564 en 2016 et 146 395 en 2019.» Mais si les zones protégées de la côte sont devenues plus accueillantes pour les oiseaux migrateurs, les forêts de montagnes restent encore souvent des lieux de non-droit, où certains n’hésitent pas à «tirer sur tout ce qui bouge».

Malgré le nombre d’amendes mis en avant par le ministère, les ONG tirent un tout autre bilan de l’interdiction. «Malheureusement, seule la première année du moratoire peut être considérée comme une réussite, déplore Aleksandër Trajçe, directeur de l’ONG Protection et préservation du milieu naturel en Albanie (PPNEA). Les années suivantes ont été marquées par de grandes déficiences dans sa mise en œuvre, entraînant beaucoup de conflits et d’insatisfactions parmi les chasseurs. En réalité, les braconniers – qui sont souvent des personnes ayant des liens étroits avec les hautes autorités – ont recommencé sans relâche à tuer la faune sauvage, sans aucun contrôle. Les seuls qui respectent l’interdiction sont les chasseurs légaux et honnêtes, qui sont les observateurs impuissants de cette situation injuste.» Au volant de 4×4 et bien équipés, c’est la nuit que les braconniers investissent les forêts comme celles du parc national de Shebenik-Jabllanice, pour mener un combat gagné d’avance. Et qu’importe si, dans le viseur, apparaissent les yeux jaunes de l’un des dix lynx du pays…

Il faut dire qu’un certain sentiment d’impunité flotte dans ce pays, candidat à l’Union européenne depuis 2014. L’Etat de droit a bien du mal à s’imposer, et les bakchichs de la corruption pourrissent le quotidien des citoyens. Les restaurants «au Chasseur», bien loin de changer de nom avec cette interdiction prolongée, ont souvent simplement caché leurs trophées les plus controversés, comme les lynx empaillés. Mais, dans les assiettes, pas question de varier les plats ni de se soucier des lois en vigueur, il faut avant tout régaler la clientèle amatrice de gibier, et plutôt aisée. Dans le centre de Tirana ou ailleurs dans le pays, des restaurants font la promotion sur Facebook des recettes du chef. «La réorganisation de l’Inspection de l’environnement a créé un vide et affaibli le contrôle temporaire, reconnaît, au ministère, Klodiana Marika. Ce qui a entraîné une augmentation des phénomènes négatifs, tels que le service d’oiseaux sauvages dans les restaurants.» Au menu : du chevreuil, du sanglier, des cailles, des faisans, mais aussi, pour les palais les plus aventureux, du hérisson, de la tortue, ou même de l’ours, «selon la saison».

«Zoo infernal»

Dans les Balkans, les animaux sauvages subissent encore des pratiques, disparues (ou presque) ailleurs sur le continent. Ours de divertissement dans des restaurants, «zoo infernal» où croupissent des lions rachitiques, captures d’oiseaux de proie… L’Albanie n’est malheureusement pas en reste. «Ce phénomène a un impact majeur sur la façon dont le public perçoit la faune sauvage, assure Aleksandër Trajçe. Ces lieux sont visités par beaucoup de gens, y compris de nombreux enfants. La promotion de ces « spectacles de mort » peut avoir des effets négatifs durables dans l’esprit des jeunes générations, qui sont très mal instruites sur la manière d’apprécier la faune.»

Grâce à la pression des associations et à la volonté de présenter une image «positive» de l’Albanie aux touristes, ces actes de cruauté envers les animaux semblent de moins en moins tolérés. Un lynx des Balkans a ainsi été récemment «libéré» d’un restaurant et transféré au zoo de Tirana. Mais pour éviter que, comme lui, d’autres animaux soient sacrifiés, les ONG veulent maintenant voir «sérieusement» appliquer la législation en cas de braconnage. «Quelques tueries illégales supplémentaires pourraient porter un coup fatal à toute la population de lynx des Balkans, alerte Urs Breitenmoser de l’UICN. Pour empêcher son extinction définitive, l’arrêt immédiat et prolongé des abattages illégaux est indispensable !»

L’article original sur Libération.

Des législatives serbes sous le signe du boycott

Appel au boycott des élections devant le parlement de Belgrade @ LS

France Culture – Info – 20.06.2020 – 1’30 min – Audio

Des partis d’opposition ont appelé au boycott des élections. Ils protestent contre une dérive autoritaire du président.

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Aleksandar Vucic, l’Orbán de Serbie

Affiches appelant au boycott des élections législatives à Belgrade @ LS

Libération – 19.06.2020 – Aritcle

Autoritaire, hostile aux médias, nationaliste… Le Président est un allié naturel du Premier ministre hongrois. Dimanche, un plébiscite lui est promis lors d’élections législatives que plusieurs partis d’opposition appellent à boycotter.

Elles forment une haie d’honneur jusqu’à la capitale. Le long des routes qui mènent au centre de Belgrade, une seule et même affiche, omniprésente : celle du Parti progressiste serbe (SNS), et un chiffre, déjà gagnant, le 1. Alors qu’une partie de l’opposition boycotte ces législatives, le scrutin de dimanche semble surtout l’occasion de mesurer la popularité du maître du pays, Aleksandar Vucic, ancien Premier ministre et président depuis 2017. Un plébiscite que ne manquera pas d’observer son voisin, Viktor Orbán, Premier ministre hongrois.

Contrôle musclé des médias, opposition discréditée, personnalisation du pouvoir, nationalisme, etc. Les deux hommes forts tirent leur pays dans le même sens, avec peu d’égards pour les pratiques démocratiques. Neuf partis d’opposition, de gauche comme de droite, ont appelé les citoyens à ne pas voter dimanche. «21 listes participent aux élections, ce qui est une énorme majorité, réplique Suzana Vasiljevic, conseillère en communication auprès du président Vucic. Ceux qui boycottent ont un soutien d’environ 6 % de l’opinion serbe. C’est un signe clair qu’il n’y a pas de problème avec la démocratie en Serbie.» Dans la riche région agricole de Voïvodine, où vit une importante minorité hongroise, le SNS de Vucic peut compter sur la participation de ses alliés de l’Alliance des Hongrois de Voïvodine (SVM), pilotée par Budapest.

Corruption et crime organisé

Ce financement de partis en Europe du Sud-Est fait partie de la stratégie extérieure du Premier ministre hongrois. Chantre de «l’illibéralisme», Orbán peut ainsi compter sur le soutien des eurodéputés des droites dures ou extrêmes croates, slovènes ou bulgares. Et depuis quelques années, il poursuit une politique de réconciliation avec la Serbie, ancien adversaire militaire lors des deux conflits mondiaux du XXe siècle. Vucic et Orbán affichent régulièrement leur nouvelle amitié. «Les deux pays partagent une position semi-périphérique dans l’ordre politico-économique mondial. Ils sont dans une position de profonde dépendance, explique András Juhász, coéditeur du média en ligne serbe Masina. Cette similitude en influence d’autres, comme la façon dont les coalitions au pouvoir gouvernent, le type de politiques suivies, le type d’investissement priorisé, etc.»

Entre le héraut d’une Europe chrétienne antimigrants et l’ancien ministre de l’Information de Slobodan Milosevic, les intérêts politiques sont bien compris. «L’ami Viktor» est en effet le principal avocat de l’intégration à l’Union européenne de la Serbie, officiellement candidate depuis 2012. Orbán aimerait compter sur son voisin et ses 7 millions d’habitants, pour peser de son poids conservateur sur la scène continentale. Si la Serbie est plus avancée que ses voisins sur la voie d’une intégration encore lointaine, les rapports de la Commission européenne pointent invariablement l’absence de progrès dans la lutte contre la corruption et le crime organisé.

«Difficile d’être autocrate»

A Belgrade, les condamnations de criminels notoires ou de responsables corrompus restent rares. Une impunité qui n’indignera pas Viktor Orbán, dont le gendre a été visé par une enquête de l’Office européen antifraude (Olaf). Beaucoup dénoncent des pratiques et une dérive autoritaire similaires de la part du pouvoir serbe. «Dans un pays avec autant de partis politiques, de mouvements, de médias, il est très difficile d’être autocrate, moque Suzana Vasiljevic, conseillère du président Vucic. L’an dernier, la Serbie a attiré le plus grand nombre d’investissements directs étrangers. Les plus grandes entreprises européennes et américaines investissent rarement dans un pays où la corruption augmente.»

Des investissements qui gonflent le chiffre de la croissance économique, mais ne bénéficient pas au quart de la population qui vit toujours autour du seuil de pauvreté, selon l’Institut de statistique de Serbie.

Des journalistes indépendants évoquent un climat ouvertement hostile, peu propice pour enquêter sur ces investissements. Comme la Hongrie d’Orbán, la Serbie de Vucic s’est effondrée dans le classement de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, passant de la 54e à la 93e place entre 2015 et 2020.

«Aujourd’hui, il est plus difficile d’enquêter sur les transactions louches de personnalités politiques, car elles ont fermé l’accès ou effrayé la plupart des sources d’information, déplore Milica Saric, directrice du Centre pour le journalisme d’investigation en Serbie. Et comme la plupart des grands médias soutiennent le parti au pouvoir, nous sommes peu entendus et peu crus.» Une situation qui a peu de chances d’évoluer après le scrutin de dimanche.

L’article original sur Libération.

Entre Belgrade et Pékin, «une amitié de fer»

Manifestation à Belgrade @ LS

Libération – 19.06.2020 – Article

Sous l’impulsion d’Aleksandar Vucic, Serbie et Chine ont noué d’étroites relations. Huawei a notamment installé sa technologie de surveillance dans trois villes serbes, faisant craindre pour les libertés individuelles.

C’était le 15 mars dernier, au plus fort de la crise du coronavirus. Au moment où la région italienne de Lombardie effrayait le continent avec son macabre décompte quotidien, la panique s’emparait de Belgrade. Furieux du retard à l’allumage de l’Union européenne dans la gestion du matériel sanitaire, le président serbe s’emportait : «La solidarité européenne n’existe pas, c’est un conte de fées sur papier.» Grave, Aleksandar Vucic en appelait «aux seuls capables de venir en aide [aux Serbes], la Chine».

Le SOS au «frère» chinois fut reçu cinq sur cinq du côté de Pékin, et c’est en Serbie que s’est joué le premier acte de la diplomatie du masque de Xi Jinping. Une première particulièrement réussie, puisque le dirigeant serbe est allé jusqu’à embrasser le drapeau rouge à l’atterrissage de six médecins chinois. La célébration de cette «amitié de fer» par l’homme fort de Belgrade a ravi la propagande du Parti communiste qui a largement relayé la scène dans les médias officiels. Mais les drapeaux chinois n’avaient pas attendu la Covid-19 pour flotter en Serbie et combler un certain vide laissé par les Occidentaux et la Russie.

Chemins de fer, autoroutes, industries, matériel militaire, etc., les nouvelles routes de la soie s’étendent en Serbie, comme dans d’autres pays du continent. C’est grâce à Pékin que les polluantes industries du cuivre et de l’acier n’ont pas sombré, et qu’une ligne à grande vitesse devrait relier d’ici 2025 Budapest à Belgrade en seulement 2 h 30. Du côté des autorités serbes, on se félicite de ces milliards d’euros, sans rentrer dans les détails. «Le gouvernement serbe présente les prêts des banques chinoises publiques comme des « investissements chinois », explique Nemanja Nenadic, directeur de programme chez Transparency Serbia. Mais ce sont les contribuables serbes qui paieront à la fin.» Ces prêts représentaient déjà 12 % de la dette extérieure du pays en 2018.

Sécurité.

Derrière l’enthousiasme des dirigeants, les critiques pleuvent sur cette nouvelle amitié. Certains projets sont jugés peu légitimes, et leur mise en œuvre, qui fait essentiellement la part belle à la main-d’œuvre et au matériel chinois, est accusée de ne pas répondre aux problèmes structurels de l’économie serbe. Les attributions de ces méga projets ne brillent également pas par leur transparence. «Le problème n’est pas l’origine des fonds, poursuit Nemanja Nenadic, mais le fait que la plupart de ces marchés publics ne sont pas basés sur un processus concurrentiel. Le gouvernement serbe conclut des contrats basés sur un accord d’Etat à Etat avec la Chine, ce qui sape l’ensemble du système des marchés publics.»

Moins médiatisée par le pouvoir, la présence chinoise se fait dominante dans le domaine des nouvelles technologies. L’achat de drones militaires se combine avec une forte volonté politique de doter rapidement le pays de la technologie 5G, made in China. Et dans les rues des trois plus grandes villes du pays, la surveillance à la chinoise est déjà une réalité. Les autorités serbes ont en effet signé un accord de coopération autour du modèle «safe city» développé par Huawei. Placées dans plus de 800 endroits de la capitale, quelque 1 000 caméras à reconnaissance faciale scrutent et enregistrent désormais les visages de Belgrade, au nom de la sécurité.

Si dans nombre de démocraties, la 5G et les technologies de surveillance suscitent débats et controverses autour des données personnelles, cela n’a pas été le cas en Serbie. «Ce projet de surveillance intelligente a seulement été annoncé dans les médias par les principaux responsables de la sécurité intérieure, s’indigne Andrej Petrovski de la fondation Share qui défend les libertés sur Internet. Il n’y a eu aucun débat inclusif ou significatif autour de l’introduction d’une technologie aussi intrusive.» L’initiative «Des milliers de caméras» veut ainsi provoquer une prise de conscience citoyenne, en cartographiant leur présence, et réclamer des comptes aux autorités sur le respect des libertés individuelles.

«Contrôle».

Selon le dernier rapport de l’ONG américaine Freedom House, la Serbie ne peut plus être considérée comme une démocratie, tant la société est mise au pas par le parti présidentiel. Dans ce contexte, les possibles dérives liées à l’usage des nouvelles technologies inquiètent. «En Chine, nous avons vu de nombreux exemples de contrôle de la population permis par la technologie, poursuit Andrej Petrovski. Dans toute société aspirant à l’intégration européenne, ces usages seraient très problématiques concernant les droits de l’homme.»

Les incroyables images des meetings en ligne du président serbe, seul, entourés de dizaines de cybermilitants qui applaudissent à tout rompre, ont donné la mesure du goût et de la maîtrise technologique par le politique. Une cyberpolitique à la chinoise, au cœur de l’Europe.

Lire l’article sur Libération.

«Le Kosovo est un pays indépendant et il serait bon que la Serbie le reconnaisse»

Albin Kurti à Pristina @ LS

Libération – 16.06.2020 – Article

L’ex-Premier ministre Albin Kurti, dont le gouvernement a chuté fin mars, revient sur le climat politique qui a conduit à son départ et évoque les réformes, notamment contre la corruption, à entreprendre dans son pays.

Ancien étudiant rebelle passé par les geôles du régime de Milosevic, le chef du parti de gauche souverainiste Vetëvendosje! («Autodétermination»), Albin Kurti, s’est confronté à l’exercice du pouvoir en tant que Premier ministre pendant cinquante et un jours (son gouvernement a chuté le 25 mars). Le temps de subir les foudres de la diplomatie américaine de Donald Trump et de ferrailler avec la classe politique de son pays. Retombé dans l’opposition mais fort d’une popularité au beau fixe, Kurti, 45 ans, prépare son retour à la tête de l’Etat kosovar. Avec l’autodétermination comme éternel credo, pour s’attaquer à la corruption et aux inégalités sociales, mais aussi pour faire enfin reconnaître pleinement l’indépendance de l’ancienne province serbe.

Vous avez été l’une des premières victimes politiques de la pandémie. Qui décide au Kosovo ?

Le Kosovo a deux adversaires principaux. Le premier, c’est la Serbie, qui ne nous reconnaît pas en tant que pays indépendant et travaille dur pour saper notre souveraineté et notre intégrité territoriale. Et le deuxième, c’est cet adversaire interne qui s’appelle la corruption et le crime organisé.

Dans vos précédentes déclarations, vous parliez également de l’envoyé spécial de Donald Trump, Richard Grenell…

Il arrive un peu plus tard dans l’histoire. Une première chose : aujourd’hui, le nouveau gouvernement dépend de chaque député de la liste serbe. S’il perd un seul de ces élus, il chute. La deuxième chose, c’est que des membres du Parti démocratique du Kosovo et de la Ligue démocratique du Kosovo ont eu peur de notre campagne anticorruption. Parce qu’ils ont vu que nous ne craignions pas les corrompus.

Mais en formant cette coalition, vous vous étiez engagé avec ces corrompus…

Nous avions besoin d’une majorité, et nous nous sommes engagés [avec la LDK, ndlr], mais sur un programme anticorruption. Quel est l’intérêt de changer la donne politique sans toucher aux questions sociales et économiques ? C’est au moment de lancer cette campagne que nous avons subi les pressions de l’ambassadeur Grenell.

Vous avez parlé d’un «plan secret»…

Richard Grenell voulait un arrangement rapide entre le Kosovo et la Serbie [sur les échanges de territoires, ndlr]. Il voulait une «success story».

Et vous ne faisiez pas partie du scénario ?

Non, et je lui ai dit que le fond est plus important que le temps… J’étais d’accord avec lui : nous avons besoin d’un accord avec la Serbie, mais pas par n’importe quels moyens. Pas en faisant pression sur mon partenaire de coalition pour lever les mesures de réciprocité et les taxes sur les produits serbes, simplement parce que Belgrade le veut. Il était pressé, il avait besoin d’une belle représentation pour son chef, et rapidement.

Mais étiez-vous vraiment prêt à faire des concessions à la Serbie ?

C’est une grande concession de s’asseoir à la même table que le Président Vucic… J’étais en prison quand il était ministre de Milosevic.

Si demain, vous êtes de nouveau Premier ministre, ce sera encore une «concession» de s’asseoir avec Vucic ?

Toujours. Je m’assoirai, mais c’est déjà une concession. Le Kosovo est un pays indépendant et il serait bon que la Serbie le reconnaisse. Mais je ne vais pas la supplier de nous reconnaître, et je ne suis pas prêt à donner un territoire pour une reconnaissance. Nous pouvons parler en termes de droits humains et de besoins des communautés, mais pas en termes de contrôle de territoires. Cette pensée a disparu avec le XXe siècle, avec la guerre, et nous n’allons pas revenir à la guerre.

Vos adversaires politiques kosovars soutiennent cet échange de territoires ?

Le président [du Kosovo], oui. L’idée de l’échange de territoires vient du président Vucic qui l’appelle «razgraničenje» («délimitation»). Poser un mur entre les ethnies. Je pense que Vucic voulait souffler cette idée au président Trump, qui est arrivé au pouvoir en parlant de mur avec le Mexique. Vucic voulait montrer que la Serbie était comme les Etats-Unis des Balkans…

Mais il y a des murs dans la société kosovare, très visibles dans le nord du Kosovo…

Nos gouvernements n’ont pas voulu que les institutions s’y renforcent. Pour moi l’intégration va avec le développement économique. Il faut revitaliser le complexe minier de Trepca, où les Serbes et Albanais peuvent travailler ensemble. Il n’est pas nécessaire d’avoir Trepca nord et Trepca sud. Il faut une université européenne à Mitrovica, où Serbes et Albanais étudient ensemble. Il faut créer des ponts physiques et institutionnels.

Mais ici dans votre bureau, c’est le drapeau albanais. Ne pensez-vous pas que ce drapeau n’aide pas à rassembler au Kosovo ?

Le drapeau du Kosovo a été présenté à nos députés le jour même où nous avons déclaré notre indépendance. Il a été imposé. Le drapeau français a de l’histoire en lui. La Nouvelle-Zélande a voté pour le sien. Un drapeau, ce doit être soit de l’histoire, soit de la démocratie. Notre drapeau n’a aucun des deux. Mais nous le respectons dans les institutions.

Et vous croyez dans le «Kosovo multiethnique» ?

Je crois dans le Kosovo multiethnique qui va émerger d’un nouveau modèle socio-économique. Pas une multiethnicité où le point de départ est l’ethnicité, et la méthode la tolérance. Parce que la tolérance évoque une idée de distance entre les gens, presque une distance de cimetière… Et la tolérance est passive. Vous ne pouvez pas obtenir un accord par les moyens de la tolérance, il faut de l’engagement.

Et des concessions.

Et des concessions. Mais l’Albanie ne me paie pas pour avoir ce drapeau. Alors que pour défendre sa position, Belgrade paie la lista Srpska, et c’est ça le problème. L’autodétermination, c’est comme la démocratie, ça vient d’en bas.

Activiste revendiqué, vous étiez préparé au rôle de Premier ministre ?

Je l’étais oui, bien sûr. Mais pas au Covid-19… C’était une chose très étrange, mais nous l’avons bien gérée en prenant des mesures très rapidement. Ma formation est celle d’un activiste, mais quand vous êtes Premier ministre, vous l’êtes à plein temps. Mais nous avons besoin d’une victoire plus large pour mettre en place nos réformes sur la santé, l’éducation, la sécurité, la justice.

Et quand le contexte sera-t-il le bon ?

Après les prochaines élections. Qui auront lieu cette année assurément. Nous aurons la majorité pour ces réformes. Dans les sondages, nous sommes à plus de 50 % d’intentions de vote.

Les citoyens du Kosovo ne sont-ils pas fatigués d’aller voter presque chaque année ?

Je pense qu’ils sont surtout fatigués de cette misère sociale et de la stagnation économique.

Vetëvendosje!, est-ce seulement Albin Kurti ?

Ma popularité a augmenté de 30 % en devenant Premier ministre, mais pour d’autres, elle a augmenté de 2 000 %. Celle de la ministre de la Santé est extraordinaire. La popularité s’évalue par l’action responsable et des résultats concrets.

Vous parlez de votre gouvernement. Etes-vous certain de revenir au pouvoir ?

Le gouvernement actuel n’est pas légitime. Il n’a pas de crédibilité. Avec 61 députés [sur 120, ndlr], Ils ne peuvent rien faire. C’est une comédie. Et nous devons prévenir une fin tragique.

L’entretien original sur Libération.

Kosovo: manifestation à Pristina pour dénoncer la formation du nouveau gouvernement

Albin Kurti, dirigeant du parti Vetevendosje lors du rassemblement à Pristina @ LS

RFI – Info – 13.06.2020 – 1’30 min – Audio

La colère des Kosovars ne retombe pas, dix jours après la formation du nouveau gouvernement. Les sympathisants du parti Vetevendosje ont manifesté vendredi 12 juin à Pristina pour dénoncer un mépris démocratique. Aux dernières élections, le parti de gauche était devenu la première force politique du pays.

Écouter :

Le reportage originale sur RFI.

Dans les Balkans, bergers et biologistes s’unissent pour sauver les derniers vautours

Le vautour percnoptère, espèce au bord de l’extinction dans les Balkans @ LS

Reporterre – 02.06.2020 – Article

Oiseau sacré des civilisations de l’Antiquité, le vautour percnoptère pourrait être une nouvelle victime de la pression humaine sur les milieux naturels, notamment dans les Balkans. Une campagne internationale s’appuie sur les bergers pour préserver l’espèce.

  • Nivica (sud de l’Albanie), reportage

«C’est un couple! Oh quelle nouvelle! Je n’avais vu qu’un seul individu jusqu’à aujourd’hui, mais ils sont deux!» Il est tout juste 10 h, et il est bien là, ponctuel au rendez-vous. Comme presque chaque matin, un grand oiseau noir et blanc fait son apparition au-dessus des prairies de Nivica, un petit village des montagnes du sud de l’Albanie. Exalté, l’ornithologue Mirjan Topi est aux anges, car ce n’est pas un, mais deux vautours percnoptères qui planent dans le ciel printanier. «J’avais peur qu’il n’y ait qu’un individu, s’enthousiasme-t-il, en suivant les oiseaux aux jumelles. Mais, avec ce couple, ça veut dire que le territoire est actif, et qu’il y aura des juvéniles. J’espère que la population va augmenter.»

Classé comme en voie d’extinction sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le vautour percnoptère est présent sur trois continents, du nord de l’Afrique jusqu’au sous-continent indien. En Europe, il est le seul vautour migrateur, mais aussi l’un des oiseaux les plus rares. Autrefois présent sur une large bande montagneuse, ce rapace à tête jaune a disparu de nombreux pays. En France, grâce aux efforts des programmes de conservation, sa population augmente légèrement et tourne autour de 90 couples. Mais la survie du Neophron percnopterus percnopterus est particulièrement en sursis dans le sud-est de l’Europe. En trente ans seulement, ses effectifs ont ainsi fondu de près de 80% dans les Balkans. «L’espèce a connu un déclin dramatique dans la région ces dernières années. La population compte à peine cinquante couples. Et ici, en Albanie on n’en a recensé qu’une petite dizaine», déplore Mirjan Topi, qui écrit sa thèse sur ce rapace qui ne se reproduit que vers l’âge de cinq ans.

 «Quand j’étais petit, on les voyait très souvent. Ils étaient bien plus nombreux tout autour du village, c’était vraiment un oiseau du coin»

Braconnage, électrocution, disparition de son habitat, etc., nombreuses sont les menaces qui planent sur les vautours. Dans les Balkans comme en Asie, l’empoisonnement par les cadavres dont ils se nourrissent est le principal danger. Il faut dire que le «vautour égyptien» apprécie beaucoup les prairies comme celles de Nivica, et ses grands troupeaux de chèvres et de brebis, dont il scrute les morts et les pertes accidentelles. «La principale ressource des gens ici, c’est l’élevage, explique Mirjan Topi. Mais, tous ces grands troupeaux attirent les loups et pour éviter les attaques, les bergers mettent du poison dans les cadavres afin d’empoisonner le loup. L’ennui est que ces produits menacent aussi les percnoptères.» Un usage de produits toxiques qui tend heureusement à se réduire.

À Nivica, on se rappelle quand les percnoptères étaient bien plus nombreux à fréquenter les cavités rocheuses des gorges. «Quand j’étais petit, on les voyait très souvent. Ils étaient bien plus nombreux tout autour du village, c’était vraiment un oiseau du coin», se remémore ainsi Luman, un ancien ouvrier, récemment revenu vivre dans son village natal.

Pour sauver les derniers percnoptères des Balkans, le programme «une nouvelle vie pour le vautour égyptien» a vu le jour en 2017, un projet financé notamment par l’Union européenne et coordonné par la Société bulgare pour la protection des oiseaux (BSPB). En Albanie, les associations cherchent justement à s’appuyer sur les plus proches voisins des vautours. Né à Nivica et berger, comme beaucoup d’habitants du village, Mujo Gjoni s’est ainsi engagé auprès des associations pour sauvegarder l’espèce et préserver ses conditions de vie. «Je collecte les carcasses, et je les apporte au vautour percnoptère en haut de cette colline, dans cette placette de nourrissage que les ONG ont construite. C’est pour lui assurer un complément de nourriture», raconte-t-il en montrant un cadavre de chèvre protégé par une clôture. Dans cette région à la culture pastorale ancestrale, le charognard au bec fin est un familier des bergers. Mujo le connaît bien et guette son arrivée au mois de mars. «Il vient en même temps que le coucou, explique-t-il. Et quand on entend le coucou, ça signifie le début du printemps. Donc, dès qu’on aperçoit le vautour percnoptère, on se prépare pour rassembler les troupeaux.»

La possession de l’oraison du vautour te sera bienfaisante dans la région des mille champs. C’est dans la nuit, les ténèbres, la mort que la déesse vautour revivifie l’âme, qui ressuscitera à l’aube.» Textes des pyramides, écrits religieux des Égyptiens de l’Ancien Empire.

Le mystérieux hôte volant des canyons plane aussi dans l’imaginaire des habitants. Son nom en albanais est déjà une légende en soi : «kali i qyqes», le «cheval du coucou». L’ornithologue Mirjan Topi s’est fait conter le mythe du vautour par les anciens du village. «Le printemps venu, raconte-t-il les gens voyaient toujours le percnoptère voler dans le ciel, et dans le même temps, ils entendaient chanter le coucou. Ils avaient compris que ces oiseaux ne restaient pas ici pendant l’hiver et ils imaginaient que le percnoptère, qui est un grand oiseau, pouvait faire de grandes distances, mais pas le coucou, qui est petit. Ils pensaient que le vautour, tel un cheval, le transportait sur son dos.»

 «Sans ce genre d’oiseaux, la survie dans beaucoup de pays pauvres aurait été très difficile»

Le travail de longue haleine des ONG porte déjà ses fruits. Alors que le vautour n’était pas vraiment une préoccupation des habitants de la région, ceux-ci le perçoivent maintenant comme un atout, une possibilité d’attirer un peu de touristes dans cette région isolée et économiquement pauvre, mais incroyablement riche de sa nature préservée. «Avant, on le regardait comme un oiseau du coin, admet Mujo, le berger. Mais maintenant on le regarde différemment parce que les gens s’y intéressent et veulent le voir. Et nous, on veut aussi savoir où il est, pour pouvoir répondre quand on nous demande : “Savez-vous où est le vautour percnoptère?”»

Réconcilier l’homme et la nature, dans ces montagnes où vie sauvage et humaine sont inséparables, le défi est en passe d’être relevé. Mais pour Mirjan Topi, cet «éboueur» des airs a toujours été un allié précieux de la vie humaine, notamment dans sa lutte contre les bactéries. «Sans ce genre d’oiseaux, la survie dans beaucoup de pays pauvres aurait été très difficile, assure-t-il en scrutant des falaises abruptes. Le percnoptère aide à nettoyer l’environnement en se nourrissant des cadavres. Il supprime des maladies qui peuvent se transmettre aux humains.» Se nourrir de la mort pour préserver la vie, ce rôle crucial dans l’écosystème, des civilisations anciennes l’avaient déjà observé et même honoré. Dans l’Égypte des pharaons, le percnoptère était un symbole de la déesse Isis. Tuer «l’oiseau du pharaon» était puni de mort sur les bords du Nil, où le percnoptère avait même droit à son hiéroglyphe. Les Grecs anciens voyaient également en lui un «purificateur sacré».

De l’Albanie jusqu’au Niger, en passant par la Turquie ou la Jordanie, des biologistes et des bergers s’activent pour sécuriser la voie semée d’obstacles du vautour percnoptère, et éviter sa disparition. Mais face à la destruction rapide de son habitat, cette mission prend des allures de vraie course contre la montre. En Albanie, tous les couples vivent ainsi sur le bassin versant de la Vjosa. Considéré comme le dernier fleuve sauvage d’Europe, la Vjosa et ses affluents sont tous menacés par une quarantaine de projets de barrages hydroélectriques. Des constructions de béton qui pourraient anéantir une riche biodiversité, et engloutir les zones de vie du percnoptère.

Le reportage sur le site Reporterre.

En Albanie, des bergers volent au secours du vautour égyptien

Le vautour percnoptère apprécie les prairies des montagnes du sud de l’Albanie

RTS – Point de Fuite – 25.05.2020 – 30 min – Audio

Symbole royal de la maternité chez les égyptiens de lʹAntiquité, le percnoptère est le seul vautour migrateur dʹEurope. Mais la vie de « lʹoiseau dʹIsis » est en sursis. Victime de lʹempoisonnement des carcasses dont il se nourrit, des réseaux électriques ou de la destruction de son habitat, ce beau rapace blanc et noir est lʹune des espèces les plus menacées au monde. Cet ʹʹéboueur naturelʹʹ a connu une chute dramatique de ses effectifs, notamment dans les Balkans: 80% sur les 30 dernières années! Moins de dix couples survivent dans les montagnes albanaises, où lʹespèce est suivie de près par la campagne internationale ʹʹSave the egyptian vultureʹʹ. Pour le protéger, les biologistes sʹappuient notamment sur les bergers nombreux à faire paître leurs troupeaux sur ces hauteurs.


Reportage Louis Seiller – réalisation Christian Morerod
Production Muriel Mérat & Christophe Canut

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Le reportage original sur Point de Fuite.

L’Albanie en ébullition après la destruction du bâtiment du théâtre national

Manifestation contre la destruction du théâtre national @ LS

RTS – Tout un Monde – 22.05.2020 – 5′ – Audio

La colère ne retombe pas en Albanie, après la destruction du théâtre national par les autorités dimanche dernier. Lundi et mercredi, des centaines d’Albanais ont manifesté, choqués par la façon dont les autorités ont choisi d’effacer ce monument national du centre la capitale. Dans un contexte de mesures très strictes liées à l’épidémie de Covid-19, c’est en pleine nuit que les autorités de Tirana ont procédé à la destruction du théâtre. Depuis de nombreuses années, l’avenir de ce bâtiment mal entretenu divisait profondément la société. Pour beaucoup de manifestants le théâtre était devenu un symbole de la dérive dictatoriale du Premier socialiste, Edi Rama.

Écouter.

Le reportage original sur Tout un monde.